Elle est la meilleure joueuse de tennis de Suisse: Belinda Bencic, 28 ans et maman de la petite Bella depuis un an. Cette naissance a non seulement fondamentalement changé sa vie, mais aussi son jeu. Pour le meilleur. Elle raconte dans cette interview comment elle a réussi son retour sur les courts et quelles sont ses priorités.

 

Vous êtes devenue mère le 23 avril 2024. Comment se passe votre nouvelle vie?

Très bien! Je suis très heureuse. Mon mari et moi avons passé la meilleure année de notre vie commune. J’ai découvert une tout autre façon de vivre que celle que je connaissais jusqu’à présent. La maternité offre une nouvelle perspective sur la vie et fait beaucoup relativiser. Je réévalue mes priorités: les besoins de ma fille passent en premier. Je fais tout pour qu’elle aille bien. Après tout, je suis responsable de ce petit être. Pour moi, c’est très enrichissant.

 

Comment vos priorités en tant que joueuse de tennis professionnelle ont-elles changé?

Avant, je pensais en permanence au tennis. Je continue certes à tout faire pour réussir dans le tennis, mais j’arrive mieux à cloisonner mentalement et à laisser ça sur le court. Quand je rentre chez moi, je n’ai plus le temps de penser au tennis.

 

La charge mentale s’est-elle multipliée ou avez-vous changé votre organisation?

Mon cerveau a fait plus de place pour d’autres choses que le tennis. Et c’est une bonne chose. Trop penser au tennis m’a probablement porté préjudice car je me mettais trop de pression. Ma priorité actuelle est clairement mon rôle de mère. La charge mentale qui en découle est naturelle et peut être maîtrisée. 

 

Quelle est l’intensité de vos entraînements?

Mon volume d’entraînement est réduit, mais plus intense. Je pense que je travaille inconsciemment de manière plus productive. Je suis pleinement présente et concentrée car je sais que, lorsque je quitte le court, je me consacre à quelque chose de complètement différent. De plus, la journée de tennis est un peu plus courte car nous avons une salle de sport à la maison. C’est un avantage incroyable.

 

Votre attitude envers le tennis a-t-elle changé?

Quand je suis sur le court, je veux tout donner et en tirer le maximum. J’ai travaillé dur toute ma vie pour jouer au plus haut niveau. Ce qui a changé, c’est que ce n’est plus un devoir, mais un plaisir. Je me mets moins de pression. Avant, le tennis était toute ma vie. Aujourd’hui, c’est un métier que j’aime beaucoup.

 

Votre mari est également votre préparateur physique. Comment vous organisez-vous?

De manière assez spontanée, en fonction du déroulement de la journée. Quand je suis sur le court de tennis, il s’occupe de Bella, sauf si l’une de ses deux grands-mères s’occupe d’elle. Mon mari est entièrement impliqué et s’adapte à moi. Ma carrière est aussi sa carrière. Il me soutient énormément. En revanche, ce sera son tour lorsque je mettrai fin à ma carrière. Il pourra alors reprendre son travail à plein temps et je le soutiendrai.

 

Vous recevez beaucoup de soutien de la part de vos familles. Beaucoup de choses tournent autour de vous et de votre carrière. Ce mélange de vie professionnelle et de vie privée au sein de la famille peut-il aussi s’avérer pesant?

Mes parents ont mis leur vie entre parenthèses très tôt pour nous permettre à mon frère et à moi de réaliser nos rêves. Dans le monde du tennis, cela prend beaucoup de temps.Mon père a toujours voyagé avec moi, même quand j’étais plus âgée. Personne ne me connaît mieux que lui. Je suis très reconnaissante du soutien de ma famille et, bien sûr, j’ai toujours voulu en tirer le meilleur et leur rendre la pareille. Il y a beaucoup de points positifs. Mais il y a aussi la pression que je me suis mise et les attentes élevées que je me suis imposées. Avec le temps, je me suis un peu détachée de la famille et je suis devenue plus indépendante. J’ai des entraîneurs externes qui voyagent avec nous. Mes parents sont moins impliqués dans le tennis, mais profitent maintenant de leur rôle de grands-parents.

 

Vous avez fait un retour fulgurant. Quel est votre niveau de forme actuel?

La grossesse a été comme une réinitialisation pour mon corps, mais je n’ai pas eu à repartir de zéro pour autant. La mémoire musculaire m’a aidée à reconstruire mes muscles et j’ai beaucoup travaillé ma vitesse. Aujourd’hui, je me sens même mieux et j’ai l’impression que je suis capable de meilleures performances qu’avant. Je suis très fière de mon corps.

 

Qu’a signifié pour vous cette victoire après votre retour à Abu Dhabi?

Cette victoire a été très spéciale. J’ai énormément travaillé pour en arriver là et je suis donc très fière de moi. Toute l’équipe était satisfaite de voir que nous avions réussi ce retour avec brio. Et puis c’était très émouvant que Bella soit là avec mon mari. J’ai maintenant ces photos adorables avec elle dans un bras et la coupe dans l’autre.

 

Comment gérez-vous vos émotions?

Je suis très émotive, mais je suis devenue beaucoup plus calme sur le court. Ce n’est plus un combat. Je suis aussi beaucoup moins nerveuse qu’avant. Même si je perds un match, mes émotions ne prennent pas le dessus.

 

Quelle est votre plus grande réussite?

Devenir mère. C’était le plus beau jour de ma vie. Et avoir une famille. J’adore ces moments: un beau dimanche matin en famille avec le chien à la table du petit déjeuner. Dans ces moments-là, je me dis que j’ai tout gagné. Sur le court, c’est ma victoire olympique et lorsque j’ai battu Serena Williams pour la première fois.

 

Que souhaitez-vous atteindre d’autre?

Commençons par le sport: j’aimerais gagner un tournoi du Grand Chelem. C’est pour ça que je suis sur le court tous les jours et que je donne le meilleur de moi-même. Et dans la vie en général: que tout continue comme ça. Que nous ayons d’autres enfants et que nous vivions heureux ensemble. J’aimerais aussi avoir une vie plus calme et moins voyager à l’avenir. Etre simplement à la maison et profiter de ma famille.

 

En tant qu’ambassadrice Mercedes-Benz, qu’est-ce qui vous relie à la marque?

Dans le tennis, les détails sont décisifs. Lorsqu’on atteint un certain niveau, il faut régler les moindres détails pour s’améliorer. Je pense que cela correspond aussi à la philosophie de Mercedes-Benz. La qualité est la priorité. Vous essayez de rendre chaque voiture un peu meilleure que la précédente.

 

Quel est votre modèle Mercedes-Benz préféré? 

En ce moment, la Classe V, le minivan. Nous avons un chien et beaucoup de bagages. 
Quelle a été votre première voiture? Ma première voiture était une Classe C de Mercedes-Benz. Mon tout premier bébé.


Avez-vous des souvenirs avec cette voiture?

Après avoir obtenu mon permis de conduire, c’est avec elle que j’ai fait mon premier long trajet, que j’ai conduit un peu plus vite pour la première fois et que j’ai reçu mes premières amendes. C’est aussi à elle que j’ai fait ma première rayure. 


Quel est votre rapport aux voitures?

J’aime beaucoup conduire en écoutant de la musique, cela me donne un sentiment de liberté.